Aller au contenu
Formation en distanciel : Les huiles essentielles dans le traitement des douleurs musculaires, tendineuses et articulaires – Édition 2024 Restez informé·e
21 avril 2024 - mis à jour le 24 avril 2024 par 
Citez comme : De Vuyst, G. (2024) Aroma-phytothérapie : à vos marques !. Aroma Blog. https://geertdevuyst.fr/article/choisir-vos-marques-en-aromatherapie/

Aroma-phytothérapie : à vos marques !

Image (c) Eva Bronzini @ pexels.com

De temps en temps, mes papilles gourmandes me font traverser la frontière pour faire des courses. Il suffit d’un quart d’heure en voiture pour rentrer en Flandre française. Récemment, je fouillais les rayons à la recherche d’un beurre légèrement salé. Un vrai beurre laitier, en provenance d’un·e producteur·rice ou d’une coopérative, dans l’espoir d’une rénumération équitable pour le producteur et la productrice. C’est compliqué.

→ Envoyez-moi les sujets que vous aimeriez lire sur Aroma Blog : hello@geertdevuyst.fr

Ceci est un article « Débutant·e ». Cet article n’est pas destiné à se substituer à un avis médical professionnel, un diagnostic ou un traitement. Lisez les Conditions d’utilisation. Si vous débutez avec des huiles essentielles, lisez les Précautions d’emploi.

Le choix

La semaine dernière, j’étais invité à trois reprises à partager mes conseils sur les marques « de qualité » en aroma-phytothérapie. Je regroupe ici producteur·rice, distillateur·rice et revendeur·se sous cette notion de marque. Dans mes réponses, j’invite toujours à s’approprier un certain nombre de critères avec lesquels chacun·e peut faire ses propres choix.

Aujourd’hui, je change mon approche. Je laisse la parole à l’activiste qui sommeille en moi. Car on ne peut plus le nier : la nature ni la société se portent bien. Cela inclut donc huiles essentielles des plantes bien-aimées qui soutiennent notre santé et notre bien-être.

La nature ni la société se portent bien. Cela inclut donc les plantes bien-aimées dont nous mettons les huiles essentielles en oeuvre pour notre santé et notre bien-être.

Par exemple : les Lamiacées, connues du Thym, de la Lavande, du Romarin, de la Sauge, de la Menthe, de l’Origan et du Basilic, comptent 358 espèces menacées (UICN). Lisez à ce sujet l’article : Eucalyptus et les huiles essentielles contenant de l’eucalyptol en automne et en hiver dans aroma, édition oct-déc. 2023.

Tout comme pour le beurre, j’ai une opinion prononcée sur les marques qui n’ont pas de place dans mon panier. Comment faire le choix ? Voici mes critères qui sont, pour moi, non négociables.

1 – Les informations produit

Dans un article sur mon blog néerlandophone de décembre 2021, je traite du sujet en long. Je vais le résumer ici.

L’étiquette regroupe les informations suivantes :

  • l’identité botanique,
  • le chémotype (si pertinent),
  • la partie de la plante extraite,
  • l’origine géographique,
  • le numéro de lot (voir plus loin : fiche d’analyse),
  • en option, le mode d’extraction (distillation à la vapeur, pression à froid, extraction par solvant…),
  • et une date de péremption, si l’huile essentielle est commercialisée comme complément alimentaire.

Et bien sûr, il s’agit d’extraits de plantes 100 % naturels. Dans cet aspect-là, l’aromathérapie se distingue clairement de la parfumerie et de tout outil de diffusion de produits non végétals, destiné à parfumer la maison ou l’espace de bureau.

2 – La transparence

L’origine de l’huile essentielle doit être claire. Une huile essentielle de Rose de Damas issue de la Vallée des roses bulgare propose un profil olfactif clairement différent d’une huile de la même Rosa x damascena issue de la Vallée des roses marocaine. La mention du nom du pays d’origine est donc nécessaire.

La transparence va encore plus loin. Vous n’achetez pas de vin dont l’étiquette affiche seulement « Bordeaux » ou le cépage « malbec » (je l’espère). Ce n’est donc pas un luxe de pouvoir lire le nom du/de la producteur·rice-distillateur·rice sur la page produit de la boutique en ligne. Cela vous permet de voir qui valorise la relation avec le/la producteur·rice-distillateur·rice.

Je nuancerai mon propos avec un exemple issu de la filière française des Professionnels des Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales (PPAM). Les principaux·les acteur·rices de la chaîne sont : le·la producteur·rice, le·la distillateur·rice, l’intermédiaire et le·la revendeur·se.

  • Le rôle principal de l’intermédiaire (ou metteur en marché) consiste à synchroniser les moyens mis un œuvre par les producteur·rices – distillateur·rices et les besoins du marché (lisez PPAM de France). L’intermédiaire peut être une coopérative, comme la SCA3P dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Cela peut aussi être une entreprise de forme juridique plus classique.
  • Par revendeur·se, j’entends les entreprises qui achètent les produits directement auprès du/de la producteur·rice-distillateur·rice ou par un intermédiaire. Il s’agit de soit des entreprises qui commercialisent les huiles essentielles auprès des consommateur·rices, soit des entreprises qui se situent dans un autre pays que le pays d’origine et qui agissent comme distributeur dans leur pays. Dans un contexte international, les distributeurs jouent un rôle crucial. Ils sont, en règle générale, en charge de l’importation transfrontalière et des notifications légales, selon le statut du produit. Ces distributeurs peuvent également proposer des produits en vente direct aux particuliers, dans leur boutique physique ou en ligne. Et pour compléter le schéma : le distributeur vendra les produits à un éventail de boutiques et pharmacies physiques et/ou en ligne, à des centrales logistiques « pharma » qui à leur tour vendront à des boutiques en ligne… c’est presque sans fin !

Voici donc ma nuance quant à la transparence : lorsqu’on considère la complexité de la chaîne logistique, garantir la transparence sur l’origine du produit peut devenir compliqué. Il est toutefois important que chaque acteur·rice soit engagé·e à offrir un maximum de transparence.

Il est important que chaque acteur·rice dans la chaîne logistique soit engagé·e à offrir un maximum de transparence.

L’ensemble des acteurs dans la chaîne de distribution permet donc de rendre les extraits de plantes accessibles à un large public. Je préfère voir un·e producteur·rice sur le terrain et un·e distillateur·rice au régulateur de vapeur, plutôt que de les voir plier des emballages en carton. À chacun·e sa spécialité.

Cependant, lorsque cette répartition du travail s’inscrit dans la logique des biens de consommation en rapide évolution (Fast-Moving Consumer Goods), où seuls les chiffres comptent et où la valeur ajoutée pour les consommateur·rices est minime ou absente, je tourne le dos.

Lisez la suite en-dessous de la bannière

Planifiez votre formation

Les huiles essentielles dans le traitement des douleurs musculaires, tendineuses et articulaires

formation de 5 soirs les lundis de 19h à 21h (10 heures de cours)
cours en distanciel (diffusion en direct)
certification Niveau 2 (Spécialisation)

Présentation du cours

Enregistrez vos coordonnées si vous souhaitez être informé·e du calendrier.

3 – La durabilité

La durabilité est un terme aux multiples facettes. Le respect des hommes et de la nature sont des valeurs fondamentales.

La durabilité signifie avant tout prendre soin de la plante et de son écosystème. La question de savoir si des labels certifiant une culture biologique ou d’une exigence de qualité sont nécessaires mérite un article particulier.

La répartition équitable des bénéfices est fondamentale. La transparence ne garantit pas une telle répartition. Mais à l’inverse : si le nom d’un·e producteur·rice-distillateur·rice ou d’un·e intermédiare est mentionné, il y a de fortes probabilités que les échanges soient équitables.

Je veux m’arrêter sur les prix de ventes extrêmement bas ou élevés. Au bas de l’échelle des tarifs : l’entreprise qui achète en grandes quantités, avec des remises importantes et qui répercute cet avantage économique sur le tarif proposé aux consommateur·rices de sorte qu’ils ou elles consomment davantage et que l’entreprise en profite au final. C’est dit en peu de mots mais cela mérite d’être clair.

Bien sûr. Prendre naturellement soin de soi est souvent du luxe. Une alimentation saine, des compléments alimentaires et des huiles essentielles ne sont pas accessibles à tout le monde. Mais ce problème, qui constitue un réel défi social, ne sera pas résolu par un dumping des prix.

D’un autre côté du spectre : le prix élevé. Le domaine des sociétés de marketing multi-niveau qui fleurissent dans les « plats pays ». Se pourrait-il que plus nous nous éloignons d’un biotope, moins nous sommes en contact avec ces plantes ? Et donc, plus susceptibles de considérer une huile essentielle comme un produit ? Il me semble aberrant de considérer la nature comme un simple bien de consommation, dans un modèle commercial qui encourage cette même consommation et qui présente cette approche de manière convaincant. Je respecte le choix de chacun·e, mais en ce qui me concerne, c’est no go. Voilà, c’est posé.

Un prix correct permet une rénumération équitable pour tous les acteur·rices dans la chaîne.

Un prix correct permet une rénumération équitable pour tous les acteur·rices dans la chaîne. La rémunération du·de la producteur·rice – distillateur·rice est prioritaire et le nombre d’acteurs dans la chaîne doit être limité autant que possible.

Parfois, pas besoin d’intermédiaire ou de revendeur·se : un achat direct peut être la meilleure option. En direct de la ferme. Il va sans dire qu’il faudra plus d’efforts que pour trouver une boutique en ligne généraliste par une simple recherche Google. L’achat direct, effectué à l’international, pose toutefois d’autres questions, notamment l’impact du transport sur l’environnement et la conformité du produit aux lois dans le pays du·de la consommateur·rice.

4 – La qualité

La qualité est à la fois dépendante du contexte et objective. Le·la parfumeuse qualifiera l’huile essentielle Super extra ou extra d’Ylang-ylang de haute qualité car son profil olfactif est optimal. Pour l’aromathérapeute, le complète (totum) est synonyme de qualité car il contient la plus grande variété de composants.

La qualité objective

La qualité objective signifie, entre autres : 100 % de matière végétale, issue de la plante mentionnée sur l’étiquette, c’est-à-dire non mélangée avec d’autres espèces botaniques. Aucune dilution permettant de rendre l’extrait de plantes moins cher. Le moins de résidus de pesticides possible. Si vous avez suivi le récent scandale en France dans lequel des fabricant·es pompaient et filtraient de l’eau polluée, il n’y a plus de doute : on n’échappe pas à la pollution.

À cela se rajoute : des propriétés physiques généralement qualifiées de « qualité ». Cultivée et récoltée de manière respectueuse (pour la nature et les hommes). Distillée pour la qualité et non uniquement pour le rendement.

Cette dernière phrase mérite une explication. Il n’existe pas qu’une seule façon de distiller. En effet, de nombreux paramètres jouent un rôle. Certains d’entre eux sont entre les mains du·de la distillateur·rice (température, temps de distillation…), d’autres dépendent de la nature (temps de séchage, pureté de la matière végétale…). L’état de la matière végétale et les choix du·de la distillateur·rice déterminent donc la qualité de l’huile essentielle.

Si vous le souhaitez, demandez la fiche d’analyse auprès de votre revendeur en utilisant le numéro de lot indiqué sur l’étiquette. Cela suppose que vous êtes capable de la lire et de l’interpréter correctement.

Le profil olfactif

La notion de qualité englobe également un profil d’odeur exemplaire. Une Lavande en pot sur un balcon à Ostende (Belgique) peut faire rêver de vacances d’été mais le profil olfactif est déplorable. Vous ne connaissez véritablement le parfum de la Lavande que si vous avez fait l’effort de vous procurer deux ou trois huiles essentielles de Lavande, d’origines différentes, et comparer les parfums. Ou bien de partir en excursion à travers la Drôme, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, le Vaucluse ou encore le Quercy depuis lequel la Quercy PPAM développe et promeut la filière des plantes aromatiques et médicinales.

Le profil olfactif offre dans tous les cas une indication du biotope et de la qualité de la culture, de la récolte et de la distillation.

La qualité du profil olfactif a t-elle une importance là où elle semble en avoir le moins c-a-d lors de l’utilisation des huiles essentielles pour des applications cliniques ? Le profil olfactif offre dans tous les cas une indication du biotope et de la qualité de la culture, de la récolte et de la distillation.

Regardons le biotope de plus près. Tout d’abord, les plantes prospèrent là où le climat leur est favorable. Un Laurier de Bretagne est-il aussi riche dans sa composition biochimique et donc dans son profil olfactif qu’un Laurier issu des régions méditerranéennes ? De plus, le changement climatique pose des soucis supplémentaires. Par exemple, en raison du manque d’eau dans les Pyrénées-Orientales, David Tofinos, vigneron et cultivateur de figues et de plantes aromatiques, expérimente aujourd’hui des cultures qui ne sont pas naturellement présentes dans la région : du Thym CT thujanol et du Tea tree !

Enfin, de nombreux mythes circulent sur les marques et les formateur·rices qui donnent des recommandations sur les seuls produits « vrais » et « purs ». Vous serez prévenu·e !

L’huile essentielle de la Lavande vraie offre un parfum doux et épicé distinctif avec des notes florales, fruitées et boisées qui ajoutent de la profondeur et de la complexité.

Lisez à propose de la Lavande vraie : Zoom sur la Lavande, dans aroma, édition avril-juin 2023.

Découvrez les profils olfactifs dans le Répertoire des Plantes en Aromathérapie (Aroma Plus)

5 – L'authenticité

L’authenticité est le critère le plus subjectif. Être authentique, c’est être fidèle à soi-même. Ainsi, même si vous vous engagez dans les pratiques les plus destructrices, vous pouvez être authentique.

Peut-être que « réel » est un meilleur mot : le greenwashing n’a pas sa place. Ou « fidèle » à ses propres valeurs. Cela suppose donc que les valeurs de l’entreprise soient clairement formulées. Cette entreprise peut être un·e revendeur·se, un·e producteur·rice ou un·e distillateur·rice. Cela vaut la peine de prendre du temps pour étudier les énoncés de mission de vos marques préférées – avec un œil critique.

C’est compliqué ?

Vous connaissez le nutri-score, bientôt peut-être l’aroma-score ?

↓ Partagez un commentaire en bas de cet article.

Merci à Chrystel Gérard pour la relecture minutieuse.

Image (c) Eva Bronzini @ pexels.com

Cet œuvre est protégée par le droit d’auteur. Contactez-moi si vous souhaitez utiliser un extrait.

4 commentaires sur “Aroma-phytothérapie : à vos marques !”

  1. Bravo Geert pour cet article pertinent !
    Mais…dur, dur de réunir tous ces critères… Si en plus on ajoute le profil enantiomerique…🫣
    Belle journée a vous 🙏

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Geert De Vuyst - Formations et Ateliers

Bonjour,

Je suis Geert. J’enseigne sur les huiles essentielles et leurs applications en aromathérapie et je réalise des ateliers QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail) et bien-être dans les entreprises et collectivités.

→ Abonnez-vous à la newsletter mensuelle et je vous tiens au courant des formations et des nouvelles publications.

Geert

Modifiez vos préférences ou désabonnez-vous avec le lien prévu dans chaque newsletter. Consultez la Politique de confidentialité.