Le menthol sur la peau : illusion thermosensorielle et thermorégulation
Le menthol appliqué sur la peau active notamment le canal TRPM8 et peut produire une sensation de fraîcheur. Il peut également modifier certaines réponses thermorégulatrices, notamment la sudation et les réponses vasculaires cutanées, mais la direction et l’ampleur de ces effets varient selon les conditions expérimentales. Dans leur ensemble, les données examinées ici ne permettent donc pas de considérer le menthol appliqué sur la peau comme une méthode de refroidissement de l’organisme.
Les études physiologiques examinées portent principalement sur du menthol isolé, ce qui limite leur transposition directe aux préparations d’aromathérapie. Dans une huile essentielle riche en menthol, la concentration en menthol constitue un élément de l’exposition, mais ne suffit pas à prédire la réponse sensorielle ou thermorégulatrice.
Le menthol a été identifié dans plusieurs hydrolats de menthe poivrée, mais aucune des études examinées n’a directement mesuré la sensation de fraîcheur ou les effets thermorégulateurs produits par leur application cutanée. Lors d’une pulvérisation, la fraîcheur ressentie peut donc être comprise comme une expérience sensorielle potentiellement multifactorielle, à laquelle plusieurs mécanismes peuvent contribuer : l’évaporation de l’eau, l’action cutanée du menthol, la chimesthésie nasale et l’olfaction. Leur importance relative peut en outre varier selon les individus.
L’inhalation de menthol peut également modifier la perception de la respiration, mais les études examinées ne permettent pas d’établir si cet effet contribue à la sensation de fraîcheur lors de la pulvérisation d’un hydrolat.
Dans les études portant sur l’application cutanée, l’exposition nasale au menthol n’a pas été systématiquement contrôlée, ce qui limite la possibilité de distinguer les effets provenant de la peau de ceux impliquant les voies sensorielles nasales.
Les contributions relatives de l’évaporation de l’eau, de l’action cutanée du menthol et des voies sensorielles nasales n’ont pas été quantifiées lors de la pulvérisation d’un hydrolat. La présence de menthol dans un hydrolat de menthe poivrée rend donc plausible une contribution à la sensation de fraîcheur, mais ni son ampleur ni son importance relative parmi ces mécanismes concomitants n’ont été établies.
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